Ma 300e
machine
et
la vie au quotidien d’un collectionneur
d’ordinateurs de poche
Bonjour tout le monde !
Je viens d’acquérir ma 300e machine et j’ai trouvé que ça méritait bien un petit article pour fêter cet évènement.
Photo 1 : Citizen 850 SR
Il s’agit d’une Citizen 850 SR. C’est une calculatrice scientifique « lumineuse » des années
70. L’écran est vert, il y a une conversion des degrés en grades et la conversion hexadécimal / décimal, les puissances et la trigonométrie de base.
Je n’ai presque rien trouvé sur Internet à son sujet, à part 2 ou 3 photos dans des longues listes.
Il n’y a aucune indication sur l’année de production, mais je dirais que c’est entre 1975 et 1979, car la première calculatrice électronique scientifique est la HP-35 en 1972, et les écrans « lumineux » datent de 1970 à 1979.
Elle fonctionne avec 4 accus AA soudés mais amovibles en bricolant un peu, qui n’ont pas coulé après tout ce temps. 35 ans ! Et elle fonctionne toujours !
A l’époque on construisait de la qualité faite pour durer, alors que maintenant le but des constructeurs est que ça tienne un jour de plus que la garantie, et surtout pas plus.
Cette machine devait sûrement coûter très cher. Je me rappelle quand mon père avait acheté une calculatrice électronique à 4 opérations ; elle coûtait une fortune !
Voici quelques photos de la machine. J’aime bien les touches en plusieurs couleurs, turquoise, gris et rouge, le plastic solide et le poids de la bête, signe de robustesse.
Photo 2 : Citizen 850 SR
Photo 3 : Citizen 850 SR
La vie au quotidien d’un collectionneur d’ordinateurs de poche
Si vous avez lu mon article intitulé « Mieux vaut
jamais que tard ! Mes tribulations et mésaventures sur un forum», vous avez sûrement appris que les administrateurs du forum, non contents de me pourrir la vie pour empêcher que mon sujet
aboutisse et révèle une affaire bien juteuse de commercialisation de DVD de manuels de Hewlett-Packard, m’ont poussé à partir en claquant la porte, et ont en plus pris soin de vouloir absolument
effacer toute trace de mon passage. En effet ils ont effacé mon texte de présentation avec tous les messages de bienvenue de mes collègues.
Pour que ce texte ne soit pas perdu, je le replace ici, chez moi, car il est assez typique et décrit bien ma collection au quotidien.
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Rencontre d’un collectionneur d’ordinateurs de poche avec un vieil ami.
- Ah, salut toi, ça fait une paye, dis donc !
- Salut, oui, ça fait au moins 3 ans.
- Et qu’est-ce que tu deviens, et le boulot ?
- Ben, toujours la même chose, fidèle au poste.
- Et tu collectionnes toujours tes machines ?
- Ben oui, tu sais comme je suis : 3 mois de collection,
puis j’en ai marre et je reprends mes microscopes et l’optique pendant 3 mois, et ainsi de suite. J’ai aussi commencé une collection de jumelles, sans le faire exprès.
- Et tu as combien de machines, maintenant?
- Eh bien, je viens d’avoir 300 objets, c’est-à-dire que je n’ai
pas 300 ordinateurs de poche, mais environ 70, 15 ordinateurs portables programmables en Basic, tu sais, ceux que j’appelle les « gros pockets » et environ 70 autres calculatrices
scientifiques, graphiques et quelques Psion programmables.
- 300 ?! t’es vraiment un fou, toi !
- Pas plus fou que d’autres qui claquent leur fric pour du vent,
pas plus fou que la société. Au contraire je trouve que c’est un passe-temps très sain et très varié.
- Ouaips, t’as raison. Mais dis-moi, si je compte bien,
ça fait environ 150 machines programmables, si j’ai bien compris ? et le reste, c’est quoi ?
- En fait je prends de temps en temps des « calculatrices lumineuses » des années 70, j’ai aussi des règles à calculs et 4 machines à calculer mécaniques. Mais surtout
des imprimantes et des accessoires
pour les ordinateurs de poche.
- C’est donc beaucoup de matériel.
- En fait une collection d’ordinateurs de poche, c’est beaucoup
plus que ça. Il y a aussi tous les fichiers dans l’ordinateur : j’ai environ 400 manuels en pdf, des centaines de photos, de liens Internet, mes bases de données, et aussi mon blog qui
ressemble plus à un site.
- Mais ça doit te prendre une place de dingue ?
- Oui et non. J’ai rempli des caisses à vin en bois, tu vois,
les grandes, et comme ça j’ai pu les empiler dans le bureau, ce qui prend environ un bon mètre cube ; ça va encore.
- Ah bon, pas plus que ça ? mais tu ne m’avais pas dit que
tu avais autre chose d’encombrant ?
- Si, au début j’achetais un peu tout ce que je trouvais. J’ai
une fois ramassé un Commodore 64 en boîte, avec lecteur de disquette en boîte aussi, plus 2 boîtes de
disquettes de 5 pouces ¼. T’imagines le volume ?! J’ai aussi une caisse de « Spectrum »
neuf avec 8 ou 9 livres en français et une trentaine de cassettes de jeux. Et d’autres grosses pièces. Qu’est-ce qui m’a pris de prendre ça ? Rien que ça prend plus de place que tout le
reste.
- Tu peux toujours les revendre, ça fera sûrement des
heureux.
- Je sais, c’est d’ailleurs ce que je vais faire, faut faire de
la place chez nous. On a d’ailleurs commencé les grands rangements, et tu peux pas t’imaginer ce qu’on retrouve ! on se dit des fois : « Mon Dieu, NONNNNNNNNNNNNN, mais
pourquoi tant de chenis ! »
- Et ta compagne, elle ne râle pas ?
- Non, en plus quand elle voit que j’achète une machine qui a
l’air très bien, elle veut tout le temps me l’offrir en cadeau, pour une occasion. L’ennui c’est qu’elle me fauche MA machine, qu’elle va la planquer quelque part en me disant :
« je te la donnerai pour ton anniversaire ! ».
- Ha ha ha, tu te fais avoir là ?! tu dois alors attendre
longtemps ?
- Même pas, elle trouve toutes sortes d’occasions : les anniversaires, les
fêtes, les anniversaires de rencontre etc.
- Mais pour la place, t’es sûr qu’elle ne dit rien ?
- Je vais te dire un secret : elle accumule les pelotes de
laine, et ça prend aussi une place de dingue. Alors quand elle trouve des paquet complets, tu vois comme c’est gros, hein, et bien je lui dis : « prends
seulement » J
- Mais qu’est-ce que tu en fais de toutes ces machines ?
- Pour commencer je les nettoie, puis je les répertorie dans ma
base de données, j’essaie si elles vont ou si je peux les réparer. Ensuite je les range. Je cherche aussi sur Internet des informations et les manuels, s’il y en a. Dernièrement j’ai dû
répertorier tout ce que j’avais, et j’ai eu des surprises : des machines qui ne marchent plus, quelques-unes qui ont ressuscité ?! des chargeurs que j’avais fait l’erreur de regrouper
et je ne sais plus avec quelles machines ils allaient etc.
- Et c’est tout ? je croyais que tu les
utilisais ?
- Oui, j’en prends de temps en temps une et je potasse le manuel
en entier. J’ai commencé par le Sharp PC-1211, le tout premier ordinateur de poche, que j’ai connu
pendant mes études secondaires, tu sais ?
- Oui, je me souviens. Et tu te rappelles comme on bavait sur le
Sharp PC-1600 quand il est sorti ? et le HP-71B ? Et le HP-75C, tu te souviens ? Tu en avais vraiment envie de celui-là !
- Ouaips, eh bien je l’ai maintenant ! En 82 c’était
impossible de l’acheter, mais maintenant on les trouve à un prix abordable.
- Mais il fonctionne encore ? Il n’est pas complètement abîmé après toutes
ces années ? ça fait presque 30 ans !
- En fait j’en ai deux, l’un dans un état tout à fait neuf et
l’autre en très bon état. J’ai même la boîte d’origine et tout et tout !
- C’est ta meilleure machine, alors ?
- Oui, certainement. Mais j’ai aussi le Sharp PC-1600 et le HP-71B,
ainsi que plusieurs autres excellentes machines. J’ai beaucoup de chance de les avoir.
- Ça je pense ! Je me rappelle comme tu étais passionné de
ces ordinateurs de poche, surtout de ton Casio PB-700 aux études.
- Oui, je l’ai toujours. Quand je pense à tout ce que j’ai
programmé dessus : les matrices, les formules de relevé cadastral, et même les projets d’informatique, je les faisais dessus. Et même que le prof était étonné !
- T’es toujours aussi passionné, toi, tu changes pas. T’as
toujours bien aimé partager tes passions.
- C’est pour ça que j’ai créé un blog il y a 4 ans, où je parle
de ma collection. En plus j’ai pas mal de contacts qui me demandent des manuels, le plus souvent. Alors je cherche sur Google pour eux.
- Nonnnn !
- Si !
- Ils savent pas le faire eux-mêmes ?
- Comme je connais plein d’adresses, je les retrouve très vite.
Et ça rend service. J’ai aussi pas mal de propositions de personnes qui veulent me donner leurs machines. J’en ai eu assez bien comme ça. J’ai aussi plein de propositions de machines à
vendre.
- C’est sympa, ça !
- Oui, mais souvent plus cher que sur ebay. Certains prennent
les collectionneurs pour des pigeons, ce que nous ne sommes pas. Souvent quand même j’ai des contacts très sympas avec des gens raisonnables et qui sont contents que leurs machines commencent une
deuxième vie.
- Une deuxième vie ?
- Ben oui, un de mes buts est de les sauver de la poubelle, mais
aussi de l’oubli.
- Tu en connais beaucoup d’autres, des
collectionneurs ?
- Non, j’en connais deux et j’en ai rencontrés 5 ou 6 mais j’ai
l’impression que chacun joue un peu tout seul dans son coin. C’est normal aussi, avec la vie de dingue qu’on mène. En plus il n’y en a pas tellement que ça.
- Mais il n’y a pas des forums pour ça ?
- Si justement il y en a plusieurs que je lis depuis longtemps.
Je suis allé faire un tour l’année passée sur l’un d’eux mais j’ai vite compris que même pour des collections d’ordinateurs de poche – quoi de plus paisible que cela ? – eh bien, même pour
cela il y en a qui sont prêts à déclencher des guerres ! Alors j’en suis parti et je ne recommande absolument pas ce genre de rassemblement.
Pour ne pas avoir d’histoires, il vaut mieux rester un lecteur anonyme. Cela n’apporte vraiment rien du tout d’y participer, sauf des ennuis et
quelle perte de temps !
- Tu dois avoir quasiment toutes les machines que tu
recherchais ? Tu arrives au bout de ta collection ?
- Oui, j’ai quasiment toutes les machines que je recherche mais
ce qu’il y a de bien dans une collection comme celle-ci, c’est qu’il y a toujours moyen de découvrir d’autres machines et de commencer des sous-collections de calculatrices auxquelles on n’avait
jamais pensé auparavant. Par exemple, j’ai commencé une catégorie de « calculatrices lumineuses » des
années 70 ; j’ai aussi trouvé plusieurs modèles historiques des toutes premières calculatrices électroniques des années 60.
- Oui mais c’est quoi la fin d’une collection alors ? Elle
n’est jamais finie ?
- Une collection comme celle-ci peut se terminer pour plusieurs
raisons : les prix deviennent trop cher, les machines trop rares, le manque d’intérêt au bout d’un certain temps, le manque de place, le manque d’argent, certains disent même que c’est à
cause de leur femme qui leur fait le coup de l’ultimatum : « C’est ta collection ou moi ! » J
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Voiiiiiiiiiiiiiilà ! Mon texte dans sa version intégrale, que j’avais dû raccourcir pour être présentable.
A la prochaine !